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Sabine Aussenac

Autrice, traductrice, agrégée d'allemand, doctorante en HDA et études de genres.

Sabine Aussenac
65 ans
Toulouse (31000) France
Situation professionnelle
Porteuse de projet
Ouverte aux opportunités
Présentation
Mes livres:
** Mon essai sur Rose Ausländer:
https://www.editionsbdl.com/auteur_livre/sabine-aussenac/
** http://www.amazon.fr/Sabine-Aussenac/e/B00K0ILDZS
** http://www.thebookedition.com/livres-sabine-aussenac-auteur-71658.html

Mon site (ancien blog du MONDE hébergé à présent chez Wordpress):
https://sabineaussenac.blog/

Romans, nouvelles et poésies cherchent édition!

Pour me joindre:
Vous êtes patron de presse, directeur de la rédaction, rédacteur en chef, éditeur, ce blog vous a plu et vous souhaitez me proposer une collaboration. Envoyez-moi un courriel : sabiineaussenac(*)yahoo. fr Pas sérieux s'abstenir.

Il me faudrait mille ans.
Pour rester une enfant et devenir adulte, pour vivre intensément et être catapulte, pour savoir la douceur d’un couchant apaisé, découvrir la Toscane ou avoir mes bébés.
Comment faire le tour de cette vie immense, comment trouver le temps des danses et décadences, être mère et amante, lire Dante, prendre tous ces trains et les avions qui chantent ? Frissonner au matin lorsque le jour poudroie, marcher en toute neige et ne pas avoir froid, savoir faire du feu et les tartes aux groseilles, comprendre le chinois et le vol des abeilles ; jouer du clavecin, et puis du violon en un bal en Irlande, découvrir les sonates et rester la rockeuse de diamants, hésiter entre arpèges et soirées de défonce. Comment apprivoiser cet infini qui gronde, ce tsunami du temps, cette mort par seconde ?
Il me faudrait mille ans.
Pour lire tous les livres, parler les langues anciennes, me faire ballerine et me mettre en cuisine, pour aller au Pérou ou aux confins des mondes, pour aimer tous ces hommes au regard d’amadou, ou bien un seul amour que je rendrais si fou. Je ne veux renoncer à l’appétit intense, je suis celle qui dit et qui vibre et qui danse, je me veux courtisane et amie et infante, je ne veux pas choisir.
Quand je ferme les yeux parfois je revois ces rayons de lumière où dansaient si graciles les infinies poussières. Je me sens particule élémentaire, de ma propre existence à peine locataire. « Si Dieu me prête vie » me disait ma grand-mère…Si Dieu me prête vie je n’aurais pas assez de ce temps dévolu pour aimer assez bien tous mes frères ici bas, et l’indienne en sari et le clochard d’en bas, pour adopter chinoise jetée aux détritus, pour élever mes enfants au regard ingénu, pour aider mes amis en chaque coin de rue. Comment trouver la route ? Eviter nos déroutes ? Est-ce que j’aime Brahms ? Pourquoi dois-je choisir entre Bach et Johnny, pourquoi ne puis-je être Janis et Dame de Fer, mettre un jour un tailleur le lendemain pattes d’eph ? Pourquoi choisir la route et grandes découvertes plutôt que coin du feu et cultiver ma vigne ? Quand aurai-je le choix ? Je me voudrais sereine et vraiment accomplie, je ne suis que vilaine aux sabots d’infinis, jamais en paix des braves, toujours dans la bravade et l’éternel regret…
Il me faudrait mille ans.
Pour donner naissance et allaiter bébés, pour écrire mes livres et ne pas renoncer. Découvrir Mexico et tous les Béguinages, adorer les Buddhas et prier en couvent, et puis manifester et taguer le réel, m’engager me mouiller me retrousser les manches, aider les sans papiers scier les vieilles branches, goûter tous mes fantasmes, oser en rire enfin, et revoir tous les films et relire tout Proust. Parcourir la Bretagne aller à Compostelle, construire ce chalet et restaurer la grange, planter les ipomées élaguer ce vieux chêne apprendre à faire la sauce et rester mince toujours. Pour aller en Floride et aussi à Big Sur, écouter l’opéra mais danser sur les Stones, pour ne pas oublier la jeune fille en fleur qui jamais ne voulait perdre sa vie à la gagner, pour l’enfant que j’étais si tendre et si fragile, pour la femme accomplie qui choisit ses amants, pour l’aïeule à venir qui fera confitures, ou plutôt comme Maude saura parfum de neige…
La liberté d’une île. Le désert des tartares. Les grandes pyramides. Les lagons les Grands Lacs le Mont Blanc et les chutes, ma vie me bouscule comme en Niagara, et je roule aveuglée par mes rêves en défaite ne pouvant renoncer à ce sens de la fête. Mon rêve familier me hante en comète explosive, c’est celui d’une pièce inconnue découverte en mes murs, et je crie et je chante en découvrant heureuse comme une constellation, nouvelle Belletégueuse, et je parcours la pièce en m’y rêvant joyeuse…Au matin de ce rêve récurrent et magique, je me vis en futur et me sais à venir.

Il me faudra mille ans.
Pour enfin parcourir les couleurs de la terre, connaître les musées et les peintres et leurs cieux. Pour oser m’envoler sans parcours ni repère, pour faire les bons choix en agaçant les Dieux, pour ne plus regretter, pour enfin m’apaiser, pour te surprendre un jour quand tu auras grandi et aller à nos noces en robe d’organdi, pour en rire avec toi en nos folies ultimes, pour aller tout de go aux confins des ultimes, pour devenir sérieuse et ne plus m’affoler, pour me faire hirondelle comme on construit l’été. J’apprendrai la patience. J’aurai mille impudences mais serai respectée, on lira mes intenses et je serai aimée. J’aurai droit à la plage sans me sentir coupable, et tous les murs brisés de forteresse ancienne auront capitulé devant un amour vrai. Ce sera mon noël et mon temps des cerises, ma cité de la joie bruissera de cigales, tu m’attendras debout en aimant mes silences et ne m’accuseras pas de te faire une offense.
Il y aura les voyages et le retour au port, et l’odeur des vendanges en éternel retour, et les mots ribambelles et les cœurs paradis, et ce temps retrouvé sera l’Eternité.
Ces extraits de ma pièce "Becoming Paula" ont été présentés sur la scène de La Fabrique à l'UT2J, à Toulouse, le 19 mars 2026, dans le cadre d'une résidence et d'un focus autour de la recherche-création.
Cette pièce fait partie du volet "création" de ma thèse autour de trois créatrices de la colonie d'artistes de Worpswede: Paula Modersohn-Becker, Clara Rilke-Westhoff et Martha Vogeler, dans laquelle je croise germanistique, histoire de l'art et études de genres en thématisant l'émancipation par l'art et l'invisibilisation muséale. D'autres créations émailleront encore les théorisations de la réflexion académique, avec nombre poésies, proses et collages autour des œuvres.
https://creg.univ-tlse2.fr/accueil/membres-de-lequipe/doctorants-et-docteurs/sabine-aussenac
L'idée phare de cette mise en scène est de faire dialoguer passé et présent autour d'interviews de curateurs et d'artistes proposant leur vision des artistes de Worpswede sous forme de vidéos (certaines sont à retrouver sur ma chaîne) et d'audios (sons enregistrés à Worpswede, Brême, Skagen...), dans une mise en abyme temporelle.
Dans ce one woman show, Paula Modersohn-Becker est représentée par une palette, Clara Rilke-Westhoff par une sculpture ( faite par l'artiste néerlandaise Lud Van Vorstenbosch) et Martha Vogeler par une lanterne.
https://ludvanvorstenbosch.nl/
Il ne s'agit ni de la première ni de la dernière scène de la pièce, et cette dernière a bien entendu vocation à être interprétée par trois véritables actrices et à être mise en scène; c'était ma toute première expérience théâtrale, merci de votre indulgence! J'en profite pour lancer un appel si des personnes étaient intéressées par le projet. La pièce devrait être représentée vers mars 2027, le jour de ma soutenance, avant j'espère d'être promise à un bel avenir, tant les sujets évoqués sont importants! Elle aura aussi vocation à être lue, indépendamment de sa publication dans la thèse, donc publiée aussi séparément.
Je remercie l'office de tourisme et l'association des musées de Worpswede, en particulier l'équipe de la Haus im Schuh, et la Kunststiftung de Lilienthal pour l'envoi de documentation afin de construire mes décors.

Diese Auszüge aus meinem Stück „Becoming Paula“ wurden am 19. März 2026 im Rahmen einer Residenz zum Thema "Kreativer Forschung" auf der Bühne von La Fabrique an der UT2J in Toulouse aufgeführt.
Dieses Stück ist Teil des kreativen Teils meiner Dissertation über drei Künstlerinnen der Worpsweder Künstlerkolonie: Paula Modersohn-Becker, Clara Rilke-Westhoff und Martha Vogeler. Darin verflechte ich Germanistik, Kunstgeschichte und Gender Studies, indem ich die Emanzipation durch Kunst und die Unsichtbarmachung in Museen thematisiere. Weitere kreative Arbeiten werden die theoretischen Aspekte der akademischen Reflexion ergänzen, darunter zahlreiche Gedichte, Prosatexte und Collagen rund um die Werke.
Die Leitidee dieser Inszenierung besteht darin, Vergangenheit und Gegenwart in einen dialogischen Austausch vorzustellen, und zwar anhand von Interviews mit KuratorInnen und KünstlerInnen, die ihre Vision von den Worpsweder KünstlerInnen präsentieren, in Form von Videos (einige davon sind auf meinem Kanal zu finden) und Audioaufnahmen (Tonaufnahmen aus Worpswede, Bremen, Skagen ...), in einer zeitlichen "mise en abyme".
In dieser One-Woman-Show wird Paula Modersohn-Becker durch eine Palette dargestellt, Clara Rilke-Westhoff durch eine Skulptur (geschaffen von der niederländischen Künstlerin Lud Van Vorstenbosch) und Martha Vogeler durch eine Laterne.
Es handelt sich weder um die erste noch um die letzte Szene des Stücks, und dieses soll natürlich von drei echten SchauspielerInnen interpretiert werden; es war meine allererste Theatererfahrung, ich bitte um Verständnis! Bei dieser Gelegenheit möchte ich einen Aufruf starten, falls jemand Interesse an dem Projekt haben sollte. Das Stück soll etwa im März 2027, am Tag meiner Verteidigung aufgeführt werden, bevor es hoffentlich eine große Zukunft vor sich hat, da die angesprochenen Themen so bedeutend sind! Es ist auch dazu bestimmt, gelesen zu werden, unabhängig von seiner Veröffentlichung in der Dissertation, und wird daher auch separat veröffentlicht.
Ich danke dem Touristenbüro und dem Museumsverbund von Worpswede, insbesondere dem Team des „Haus im Schuh“, sowie der Lilienthaler Kunststiftung für die Zusendung von Unterlagen zur Gestaltung meiner Bühnenbilder.





https://www.worpswede-museen.de/
https://www.worpswede-touristik.de/
https://www.kunststiftung-lilienthal.de/